Version française / Vie scientifique
- Prix (recherche),
ISP - Guillaume Cornu, lauréat du Prix de thèse 2026 de l’Association Française de Science Politique
Publié le 23 juillet 2026
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Mis à jour le 23 juillet 2026
Guillaume Cornu, docteur en science politique est lauréat du prix de thèse 2026 de l’Association Française de Science Politique (AFSP) et de la Fondation Mattei Dogan.
Date(s)
le 22 juillet 2026
Lieu(x)
Salle de séminaire 2
Grâce à l’appui financier de la Fondation Mattei Dogan, l’Association française de science politique décerne, depuis 2007, plusieurs prix visant à récompenser les auteur(e)s des travaux les plus prometteurs en science politique francophone. L’Association poursuit en 2026 sa politique d’attribution de 4 prix de thèse en partenariat avec la Fondation Mattei Dogan qui visent à récompenser les meilleures thèses de doctorat en science politique.
Parmi les lauréat.e.s des quatre prix de thèse de doctorat en science politique pour l’année 2026 figure Guillaume Cornu.
Guillaume Cornu a soutenu, en novembre 2025 à l’Université Paris Nanterre, une thèse de science politique sous la direction de Annie Collovald et Arnault Skornicki. Elle s’intitule « Les “hommes du Président”. Sociohistoire d’une autorité déléguée dans la présidentialisation de la Ve République ». Le jury était composé de Yves Déloye, Jean-Michel Eymeri-Douzans, Brigitte Gaïti, Natacha Gally et Laurent Willemez.
Cette thèse interroge la présidentialisation des processus décisionnels interministériels à travers les conseillers du Secrétariat général de l’Élysée, de 1959 à 1988. Dès les débuts de la Ve République, ces derniers ont été perçus comme les agents de la dépossession des ministres de tout pouvoir décisionnel. Mais les travaux qui se sont confrontés à cette question ont tous démystifié leur « influence » grâce à la position centrale des services du Premier ministre dans la coordination du travail gouvernemental.
Toutefois, cet argument occulte le fait que les conseillers présidentiels sont de plus en plus intégrés et puissants dans l’espace interministériel d’un bout à l’autre des bornes chronologiques de cette thèse. Par un travail sur archives (écrites et orales), la réalisation d’entretiens et d’une prosopographie, l’enquête analyse le processus sociohistorique de reconnaissance de leur autorité à parler au nom du Président. Cette dynamique est inséparable de la « gouvernementalisation » du chef de l’État : régulièrement, les Présidents sont contraints de démontrer qu’ils dirigent le gouvernement, afin d’assurer la reproduction de leur prééminence politique. Dans les coulisses du palais de l’Élysée, leurs conseillers sont à la fois les premiers artisans et les premiers bénéficiaires de cette représentation du rôle de leur patron. Car plus le Président est contraint de montrer qu’il « gouverne », plus l’autorité déléguée de ses collaborateurs devient une ressource décisionnelle saillante au niveau interministériel. Enfin, la thèse explore comment les conseillers présidentiels poursuivent la présidentialisation de l’action publique gouvernementale dans la deuxième vie symbolique de leur Président. Dans des instituts mémoriels, ils rejouent leur rôle dans l’écriture de l’histoire de « ses » politiques publiques tout en construisant leur « fidélité ».
Des articles et chapitres d’ouvrages collectifs issus de cette thèse sont en cours de publication. Guillaume est actuellement ATER en science politique à l’Université Paris Nanterre.
Parmi les lauréat.e.s des quatre prix de thèse de doctorat en science politique pour l’année 2026 figure Guillaume Cornu.
Guillaume Cornu a soutenu, en novembre 2025 à l’Université Paris Nanterre, une thèse de science politique sous la direction de Annie Collovald et Arnault Skornicki. Elle s’intitule « Les “hommes du Président”. Sociohistoire d’une autorité déléguée dans la présidentialisation de la Ve République ». Le jury était composé de Yves Déloye, Jean-Michel Eymeri-Douzans, Brigitte Gaïti, Natacha Gally et Laurent Willemez.
Cette thèse interroge la présidentialisation des processus décisionnels interministériels à travers les conseillers du Secrétariat général de l’Élysée, de 1959 à 1988. Dès les débuts de la Ve République, ces derniers ont été perçus comme les agents de la dépossession des ministres de tout pouvoir décisionnel. Mais les travaux qui se sont confrontés à cette question ont tous démystifié leur « influence » grâce à la position centrale des services du Premier ministre dans la coordination du travail gouvernemental.
Toutefois, cet argument occulte le fait que les conseillers présidentiels sont de plus en plus intégrés et puissants dans l’espace interministériel d’un bout à l’autre des bornes chronologiques de cette thèse. Par un travail sur archives (écrites et orales), la réalisation d’entretiens et d’une prosopographie, l’enquête analyse le processus sociohistorique de reconnaissance de leur autorité à parler au nom du Président. Cette dynamique est inséparable de la « gouvernementalisation » du chef de l’État : régulièrement, les Présidents sont contraints de démontrer qu’ils dirigent le gouvernement, afin d’assurer la reproduction de leur prééminence politique. Dans les coulisses du palais de l’Élysée, leurs conseillers sont à la fois les premiers artisans et les premiers bénéficiaires de cette représentation du rôle de leur patron. Car plus le Président est contraint de montrer qu’il « gouverne », plus l’autorité déléguée de ses collaborateurs devient une ressource décisionnelle saillante au niveau interministériel. Enfin, la thèse explore comment les conseillers présidentiels poursuivent la présidentialisation de l’action publique gouvernementale dans la deuxième vie symbolique de leur Président. Dans des instituts mémoriels, ils rejouent leur rôle dans l’écriture de l’histoire de « ses » politiques publiques tout en construisant leur « fidélité ».
Des articles et chapitres d’ouvrages collectifs issus de cette thèse sont en cours de publication. Guillaume est actuellement ATER en science politique à l’Université Paris Nanterre.
Mis à jour le 23 juillet 2026