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« Mais… Comment tu sais tout ça ? » : la Fête de la science 2026 à l’école primaire des Pâquerettes de Nanterre

Publié le 19 octobre 2026 – Mis à jour le 20 octobre 2026
Depuis plusieurs années déjà, l’école primaire des Pâquerettes de la Ville de Nanterre est partenaire de l’Université Paris Nanterre (UPN) sur La Fête de la science, un événement scientifique national dont l’ambition est le partage des savoirs, de manière ludique et pédagogique, au plus grand nombre.

Cet automne 2026, alors que le festival scientifique de l’université s’est vu complètement réorganisé en raison des mobilisations sociales, les chercheuses et les chercheurs de l’UPN ont souhaité maintenir leurs ateliers en se rendant directement dans les classes de l’école. Ce partage hors les murs est une première dans l’histoire de la Fête de la science de l’Université Paris Nanterre.



 

Papyrus et écriture en Egypte romaine


Nicoletta De Troia, jeune historienne au laboratoire Archéologies et sciences de l’Antiquité (ArScAn), a proposé aux jeunes élèves de découvrir sa profession scientifique au travers d’un de ses sujets emblématiques : l’écriture en Egypte.


Pour cela, elle met les enfants au défi de replacer sur une frise chronologique les grands événements historiques de l’Egypte ptolémaïque et de l’Egypte romaine. A partir d’indices, les élèves ont pu dater la création de la Bibliothèque d’Alexandrie, l’apparition de la langue grecque dans le pays, ou encore la dernière reine Cléopâtre VII. 
Ensuite, Nicoletta les a accompagnés dans une enquête historique, à l'aide de photographies de réels vestiges de papyrus de l'époque étudiés par la chercheuse. Les observations de ces supports ont permis à la classe de comprendre une partie des recherches d’une historienne : la traduction. C’est à l’aide des autres textes traduits, que Nicoletta peut identifier les passages des écrits anciens et compléter les lacunes dues au déchirement des papyrus devenus fragiles avec le temps.





Enfin, le moment tant attendu par les élèves est arrivé… l’écriture sur papyrus ! 
Il s’agissait pour la chercheuse de leur présenter la matière de la feuille de papyrus et de les initier à l’écriture de nos prédécesseurs. Cette fois-ci, ce ne sont pas de réels papyrus d’époque ni de calame que Nicoletta a offert à chacune et chacun des enfants, mais un morceau de parchemin contemporain sur lequel toutes et tous étaient libres de rédiger une lettre ou d’y inscrire un dessin.


 

Fabriquer un manuscrit comme au Haut Moyen Âge


Lola Liberati, doctorante en archéologie médiévale au laboratoire ArScAn, a participé pour la première fois à la Fête de la science. Pour commencer, elle a souhaité apprendre aux élèves de l’école élémentaire à fabriquer un manuscrit à la façon des artisans du Haut Moyen Âge.

La jeune chercheuse a pour cela, dans un premier temps, amené une réflexion autour du livre en interrogeant les enfants : « Qu’est-ce que c’est un livre selon vous ? », les élèves ont alors répondu « C’est quelque chose qui a du sens », « Ça raconte une histoire », … En fait, ce qu’a expliqué Lola, c’est que le livre comme on le connaît aujourd’hui est apparu à l’époque médiévale. En ces temps-là, nos ancêtres sont passés du rouleau de papier à des feuilles reliées.

Pour permettre aux élèves de mieux comprendre de quoi il s’agit, rien de mieux pour l’archéologue que de les inviter à participer à un atelier pratique. Lola a alors distribué trois couches de « peau d’animal » superposées, imitée par du tissu à motifs, correspondant à l’épiderme, au derme et à l’hypoderme. Entre 30 et 80 animaux étaient utilisés au Moyen Âge pour un manuscrit, et c’est seulement le derme qui permettait la création des pages du livre. Pour concevoir ce dernier, il fallait donc passer par plusieurs étapes.
Première étape : les élèves retournent les peaux et retirent l’hypoderme. Deuxième étape : ils et elles retirent l’épiderme. Troisième et dernière étape : ils et elles grattent le derme pour le préparer. 
Ensuite, la jeune chercheuse explique que la couche de peau gardée et préparée est tendue, puis recouverte de craie pour éliminer les graisses et la blanchir. Enfin, il ne restait aux artisans qu’à poncer et découper, et voilà… les pages du livre étaient prêtes à être reliées !

Lola termine son atelier par une session de reliure. Elle donne à chaque élève deux grandes feuilles pour former les quatre pages, un fil de leur couleur favorite et une aiguille. Les enfants étaient ravis de pouvoir s’exercer à la fabrication de leur propre manuscrit.

 

Les outils de la Préhistoire


Roxane Rocca est aussi archéologue à l’ArScAn, et chercheuse à l’Unité mixte de recherche Technologie et ethnologie des mondes Préhistoriques (TEMPS). À l’occasion de la Fête de la science, elle a transporté avec elle des reproductions de certains outils préhistoriques qu’elle a pu déterrer lors de fouilles !

Avant de déposer ses objets archéologiques sur la table, Roxane demande aux enfants : « À votre avis, qu’est-ce que l’on peut retrouver dans le sol ? », « Des galets ! », « Des os de Mammouth ! », … En effet, c’est ce que l’on peut déterrer, mais ce n’est pas tout. 
La chercheuse s’intéresse en particulier à la période préhistorique, et ce qu’on trouve de cette époque ce sont principalement des outils en pierre. La raison à cela est que les pierres se conservent très longtemps, les archéologues en retrouvent donc en grande majorité dans les zones de fouilles.« Les objets en pierre sont géniaux, car ils nous permettent de savoir plein de choses même si on a plus les autres outils » - Roxane aux élèves.

L’atelier se poursuit par des réponses aux nombreuses questions des enfants. Il faut croire que l’archéologie est un sujet qui les passionne. « Comment les hommes préhistoriques sont arrivés là où ils sont trouvés ? », « Est-ce qu’on trouve des villages ? », « Comment ils font leurs habits ? », … Ce qui est assez surprenant est de découvrir leur fascination pour le Mammouth, à chaque échange avec la chercheuse il y a une histoire de « vieil éléphant » quelque part.
Une fois que la chercheuse a su répondre à la curiosité des élèves, c’est le moment de présenter le matériel archéologique. Elle dépose alors ses trouvailles sur la table : diverses pierres, os et coquillages. Les enfants sont invités à s’approcher pour toucher les outils et deviner à quoi ils pouvaient bien servir. 
Pour terminer, Roxane leur pose une ultime interrogation les invitant à se projeter dans le passé : « Qu’est-ce qu’on retrouve des enfants préhistoriques de votre âge ? ». Les traces de leur passage sont en fait les mêmes outils que les adultes, mais réalisés de façon maladroite preuve de leur apprentissage.
 


 

Le pain crumblé : consommer durablement cet aliment du quotidien


Un autre atelier est animé par Béatrice Bellini, professeure en sciences de gestion et chercheuse au Centre d’études et de recherches sur les organisations et la stratégie (CEROS), et Neda Boroujerdy, doctorante au CEROS. Toutes deux travaillent sur les problématiques de consommation durable, et pour initier les enfants à cette notion complexe, elles décident de prendre l’exemple du pain, un aliment du quotidien emblématique et intemporel.


La baguette de pain est délicieuse lorsqu’elle sort du four, mais elle l’est moins le lendemain, ce qui peut amener à la jeter. Pour remédier à ces pertes alimentaires et économiques, des artisanes et artisans boulangers créent un nouveau produit à partir des restes du précédent. En effet, le pain qui n’est plus frais est en fait recyclé pour éviter le gâchis et participer à la transition écologique, c’est ce qu’on appelle le pain crumblé. 
Les élèves qui chérissent le pain, surtout « quand ça croustille », sont curieux de goûter ce fameux produit, elles et eux qui jusque-là avaient seulement testé le pain perdu et avaient pour habitude de couper le pain en deux à la cantine pour éviter de le jeter par manque d’appétit. Et pour les faire participer à cette démarche vertueuse, les chercheuses ont proposé aux jeunes de choisir un nom pour un pain crumblé qui serait vendu dans leurs boulangeries de quartier : « Pain de pain », « Pain refait », « Pain ré-utilisé », …
Béatrice et Neda ont ensuite rassemblé les connaissances des enfants sur la recette du pain, et aucun ingrédient ne leur file entre les doigts ! Pour aller plus loin, elles leur parlent de la traçabilité de l’aliment transformé et de la quantité d’eau nécessaire à la fabrication d’une baguette : 160 litres d’eau. Cela paraît immense pour les enfants qui ne manquent pas de montrer leur surprise.

L’idée derrière cet atelier scientifique était de faire prendre conscience aux élèves que le pain a un impact sur la planète, surtout lorsqu’il est gaspillé, notamment en raison de l’eau utilisée pour le fabriquer. Le pain crumblé s’impose alors comme l’une des solutions positives pour protéger notre environnement, tout en étant accessible aux familles des enfants.
Au résultat, les chercheuses ont su de façon simple aborder les sujets complexes de l’économie circulaire et du recyclage des déchets.

 


La Fête de la science 2026 hors les murs : une idée porteuse ?


Pour une première, nous pouvons dire que cette Fête de la science hors les murs, organisée par l’Université Paris Nanterre et l’école primaire des Pâquerettes, est un véritable succès !

Les chercheuses ont su partager leurs sujets de recherche et faire découvrir leur profession de scientifique aux jeunes élèves, tout en leur apprenant que les sciences peuvent être à la fois  passionnantes et amusantes.


Mis à jour le 20 octobre 2026